Investissement de plus de 74 milliards Fcfa : Fatick a sa ferme avicole
La coopération décentralisée vient de faire ses preuves dans la ville
de Fatick, où sera érigée une grande ferme avicole, grâce à la
coopération avec une entreprise russe et la commune de ladite
ville.L'entreprise russe "Akashevo", en partenariat avec la commune de
Fatick, renseigne un communiqué du président de la Commission Communication
du Conseil municipal de Fatick,Abdou Latif Ndiaye, procédera à
l'installation de la première unité industrielle sous forme de complexe
avicole dénommé "A Tiek Sinig" (le poulet du Sine, en Sérère) à Fatick,
le mercredi 03 avril 2013 à partir de 10 h, dans la nouvelle zone
industrielle.
L’installation de cette unité industrielle, précise le
texte, se fera en trois étapes. D’abord la mise en place d’un atelier
de transformation pour un investissement, précise le communiqué, s’élève
à 1,466 milliards Fcfa. Une telle unité créera une cinquantaine
d'emplois, assure le conseiller municipal. Ensuite, la seconde phase,
indique le texte, c’est l’installation d’un atelier de production d'une
capacité de production de 18.000 tonnes par an, nécessitant un
investissement de 42,709 milliards de Fcfa pour 215 emplois. Enfin, un
deuxième atelier de production pour un investissement de 30,284
milliards de Fcfa pouvant générer 200 emplois.
L’investissement
global de cette unité avicole, selon le texte, s’élève à 74.460.656.400
Fcfa et va créer 465 emplois. Une manière pour cette commune naguère
dirigée par l’actuel président de la République, Macky Sall, dans son
projet de 500.000 emplois pour son premier quinquennat. Par ailleurs,
ajoute le communiqué, «l'unité industrielle va apporter de la valeur
ajoutée à la volaille en sous produits dérivés tels que le jambon, les
chips à base de poulet».
La cérémonie d’'installation de la première
unité industrielle, précise-t-on, sera présidée par le maire de Fatick,
Matar Bâ, le ministre de l’Aménagement du Territoire et des
Collectivités locales,Mme Arame Ndoye, le directeur de Cabinet du
ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel, Alioune
Sarr, ainsi que de plusieurs autres personnalités administratives et
politiques.
vendredi 26 avril 2013
Communiqué de presse
La Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA) félicite
vivement les Douanes Sénégalaises suite à l’arrestation à Rufisque de
gens véreux qui ont introduit frauduleusement des poulets dans le
territoire sénégalais. Ce produit dangereux pour la santé de nos
concitoyens continue à inonder le marché malgré les alertes que nous
n’arrêtons pas d’envoyer aux autorités du pays.
C’est pourquoi, nous
sonnons l’alerte pour que cessent ces pratiques qui exposent les
consommateurs à de graves dangers sanitaires et compromettent notre
économie locale.
Cette présence de poulets importés sur le marché
sénégalais est à prendre avec la plus haute importance car elle pourrait
plomber les efforts réalisés par les acteurs de la filière pour tripler
la production locale entre 2005 et 2011.
En conséquence, la FAFA pense que le problème de l’introduction
frauduleuse de poulets au Sénégal doit être traité avec beaucoup de
rigueur, de célérité et de diligence.
La grippe aviaire n’est
toujours pas éradiquée. Elle est à nouveau apparue en Chine depuis
quelques semaines, ce qui atteste de la justesse du maintien de la
mesure suspensive de l’importation de poulets qui est en cours.
Ainsi, nous demandons à l’Etat, particulièrement au Ministère de l’Elevage de prendre les mesures nécessaires pour :
- assurer la Vigilance au niveau des frontières et du port de Dakar ;
- organiser des contrôles des inspecteurs vétérinaires sur les marchés ;
- informer les consommateurs sur les risques sanitaires encourus et
leur permettre de reconnaitre les poulets importés afin de ne pas les
acheter ;
- saisir immédiatement tout poulet importé vendu sur le marché.
La FAFA est disposée à travailler avec les services de l’Etat et à
mobiliser tous les acteurs de la filière avicole pour lutter
efficacement contre l’introduction frauduleuse de poulets dans le marché
sénégalais.
Amadou Mactar Mbodj
Président de la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA)
jeudi 14 juin 2012
Filière avicole : La levée de l’interdiction d’importer du poulet n’est pas à l’ordre du jour
Depuis l’arrêt des importations de poulets en 2005, la filière
avicole sénégalaise se porte bien : son chiffre d’affaire a atteint 110
milliards de francs Cfa en 2011 pour une production de près de 19
millions de poulets. Pour maintenir cette vitalité, les acteurs de la
filière ont, à l’occasion du « week-end du poulet », plaidé pour le
maintien de l’arrêt des importations et la création d’une « zone franche
avicole » afin de lutter contre la pression foncière.
Une levée de l’interdiction d’importation de poulets, en vigueur depuis la pandémie de la grippe aviaire en 2005, n’est pas à l’ordre du jour, malgré les multiples pressions internationales.
Le Brésil avait ainsi porté plainte contre le Sénégal devant l’Organisation mondiale du commerce (Omc) pour protectionnisme. « Une telle levée signifierait la mort de la filière avicole sénégalaise sans compter les conséquences au plan sanitaire », s’alarme Aboubacry Aw, président de l’Association des petits aviculteurs de Malika (Apam), membre de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa). « Nous allons résister à ces pressions et nous ne reviendrons pas sur cette mesure [d’interdiction des importations] », rassure Cheikh Tidiane Diop, directeur de cabinet du ministre de l’Elevage. Ces dernières années, le secteur avicole a fait preuve d’un réel dynamisme. En 2011, la production avoisinait les 19 millions de poulets contre 5 millions avant l’arrêt des exportations, pour un chiffre d’affaire de 110 milliards de francs Cfa, note Amadou Makhtar Mbodji, président de la Fafa. La filière emploie également 15.000 personnes.
Cependant, malgré ce dynamisme, la filière est confrontée à un certains nombre de problèmes, notamment la pression foncière dans la zone des Niayes qui a une véritable vocation avicole. A Sangalkam, Keur Massar, etc., plusieurs exploitations avicoles ont ainsi cédé la place à des projets immobiliers. C’est pourquoi, le président de la Fafa préconise la création d’une « zone franche avicole » pour éviter les conflits entre aviculteurs et promoteurs immobiliers.
L’autre contrainte concerne l’absence d’abattages modernes à Dakar et de chambres froides pour la conservation des poulets en période de surproduction (korité, fêtes de fin d’année, etc.). Les aviculteurs réclament aussi une subvention de l’Etat pour l’achat des aliments de la volaille qui « coûte cher », d’après Aboubacry Aw. Le représentant du ministre promet un appui de l’Etat en termes de modernisation, d’encadrement, de formation et de financement à travers le Fonds de stabulation (Fonstab), un mécanisme mis en place par le ministère de l’Elevage pour permettre aux éleveurs de bénéficier de crédits à des taux avantageux (entre 3 et 5 % d’intérêts).
C’est pour marquer son dixième anniversaire et poser les jalons du renforcement de la filière avicole que la Fafa a organisé ce premier « week-end du poulet » (8, 9 et 10 juin). En plus des stands d’expositions, un panel et un concours d’arts culinaires (de volaille) sont au menu.
Le thème retenu est : « pour une aviculture contribuant à la sécurité alimentaire, la promotion de l’emploi et l’équilibre de la balance commerciale du Sénégal ».avicolsenegal@hotmail.fr
Une levée de l’interdiction d’importation de poulets, en vigueur depuis la pandémie de la grippe aviaire en 2005, n’est pas à l’ordre du jour, malgré les multiples pressions internationales.
Le Brésil avait ainsi porté plainte contre le Sénégal devant l’Organisation mondiale du commerce (Omc) pour protectionnisme. « Une telle levée signifierait la mort de la filière avicole sénégalaise sans compter les conséquences au plan sanitaire », s’alarme Aboubacry Aw, président de l’Association des petits aviculteurs de Malika (Apam), membre de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa). « Nous allons résister à ces pressions et nous ne reviendrons pas sur cette mesure [d’interdiction des importations] », rassure Cheikh Tidiane Diop, directeur de cabinet du ministre de l’Elevage. Ces dernières années, le secteur avicole a fait preuve d’un réel dynamisme. En 2011, la production avoisinait les 19 millions de poulets contre 5 millions avant l’arrêt des exportations, pour un chiffre d’affaire de 110 milliards de francs Cfa, note Amadou Makhtar Mbodji, président de la Fafa. La filière emploie également 15.000 personnes.
Cependant, malgré ce dynamisme, la filière est confrontée à un certains nombre de problèmes, notamment la pression foncière dans la zone des Niayes qui a une véritable vocation avicole. A Sangalkam, Keur Massar, etc., plusieurs exploitations avicoles ont ainsi cédé la place à des projets immobiliers. C’est pourquoi, le président de la Fafa préconise la création d’une « zone franche avicole » pour éviter les conflits entre aviculteurs et promoteurs immobiliers.
L’autre contrainte concerne l’absence d’abattages modernes à Dakar et de chambres froides pour la conservation des poulets en période de surproduction (korité, fêtes de fin d’année, etc.). Les aviculteurs réclament aussi une subvention de l’Etat pour l’achat des aliments de la volaille qui « coûte cher », d’après Aboubacry Aw. Le représentant du ministre promet un appui de l’Etat en termes de modernisation, d’encadrement, de formation et de financement à travers le Fonds de stabulation (Fonstab), un mécanisme mis en place par le ministère de l’Elevage pour permettre aux éleveurs de bénéficier de crédits à des taux avantageux (entre 3 et 5 % d’intérêts).
C’est pour marquer son dixième anniversaire et poser les jalons du renforcement de la filière avicole que la Fafa a organisé ce premier « week-end du poulet » (8, 9 et 10 juin). En plus des stands d’expositions, un panel et un concours d’arts culinaires (de volaille) sont au menu.
Le thème retenu est : « pour une aviculture contribuant à la sécurité alimentaire, la promotion de l’emploi et l’équilibre de la balance commerciale du Sénégal ».avicolsenegal@hotmail.fr
lundi 4 juin 2012
Aviculture : Le vaccin I-2, efficace contre la maladie de Newcastle
Parmi ses réalisations,
l’unité de production de vaccins de l’Isra fabrique depuis 2002 le
vaccin I-2 thermostable (sous la forme lyophilisée), très connu pour son
efficacité dans la lutte contre la maladie de Newcastle qui était
jusqu’à cette période, la principale cause de mortalité de la volaille
locale. Ce vaccin est recommandé et distribué par la Fao dans les pays
tropicaux et ceux en voie de développement pour augmenter la sécurité
alimentaire des communautés rurales. Malgré l’absence d’un dispositif
technique de haut niveau, l’Isra avait pu bénéficier d’un financement
qui lui avait permis de mettre en place un poulailler de haute sécurité
pour asseoir une production régulière d’œufs de qualité et de produire
la forme liquide du vaccin I-2 qui ne requiert nullement l’usage
d’appareil sophistiqué. Outre la réduction du coût de production,
indique l’Isra, la forme liquide du vaccin (collyre) déjà prête à
l’emploi, la rend plus accessible. Car, selon l’Isra, des vaccins
efficaces existent sur le marché mais ne sont pas toujours adaptés aux
conditions d’utilisation en milieu rural en termes de coût, de
stabilité, de conditionnements réduits et de facilité d’utilisation. Cet
élargissement de la gamme des vaccins a permis au Sénégal de mieux
prendre en charge la couverture sanitaire de sa volaille locale et de
promouvoir l’aviculture villageoise qui concerne les 2/3 de la
population totale de volailles du pays (près de 21millions de sujets).
Le secteur avicole contribue pour près de 16 % au Pib de l’élevage et près de 30 % au revenu total de la production animale.
Le secteur avicole contribue pour près de 16 % au Pib de l’élevage et près de 30 % au revenu total de la production animale.
A. MBODJ
Le prix du poulet est encore élevé au Sénégal comparé aux autres pays africains
Le prix du poulet est encore élevé au Sénégal comparé aux autres pays
africains a déclaré, vendredi à Dakar, Sidy Ndiaye directeur commercial
et marketing de la Société SEDIMA, spécialisé dans la production de
poussins, aliments et matériel avicole au Sénégal, dans un entretien
exclusif avec APA.
''Nous devons arriver à réduire le prix de l’aliment des poulets pour pouvoir participer à la réduction du prix de ce produit de façon assez sensible pour que le consommateur puisse l’acheter à un prix très raisonnable’’, a indiqué M. Ndiaye, interpellé en marge du Salon international des industries et techniques agroalimentaires (SIAGRO).
Actuellement, le prix du poulet de chair se négocie à Dakar autour de 3.000 FCFA.
Selon M. Ndiaye, la consommation par habitant du poulet est encore très faible parce que réservé à une certaine catégorie de populations. A ses yeux, l’ambition de la SEDIMA est de rendre ce produit accessible à tous les Sénégalais.
Pour ce faire l’entreprise a investi des milliards de FCFA dans les poussins de sorte qu’elle importe très peu d’œufs à couver. Ce qui permet à la SEDIMA de vendre les poussins moins cher.
‘’L’aviculture est un secteur à potentiel énorme d’autant plus qu’il peut être à la source de recrutement de beaucoup de Sénégalais’’, a laissé entendre le directeur commercial et marketing de la SEDIMA.
Pour lui, les Sénégalais devraient investir ce créneau parce qu’il y a encore de la place, non seulement pour le marché local, mais aussi pour l’exportation. D’un point de vue sanitaire, M. Ndiaye soutient que l’aviculture peut apporter une meilleure alimentation en termes de protéines parce que le poulet a une viande blanche, diététiquement plus saine.
La SEDIMA a été créée en 1988 sous forme de GIE. Elle emploie actuellement plus de 300 personnes et fait un chiffre d’affaires annuel de 15 milliards de FCFA.
(APA-Dakar)
''Nous devons arriver à réduire le prix de l’aliment des poulets pour pouvoir participer à la réduction du prix de ce produit de façon assez sensible pour que le consommateur puisse l’acheter à un prix très raisonnable’’, a indiqué M. Ndiaye, interpellé en marge du Salon international des industries et techniques agroalimentaires (SIAGRO).
Actuellement, le prix du poulet de chair se négocie à Dakar autour de 3.000 FCFA.
Selon M. Ndiaye, la consommation par habitant du poulet est encore très faible parce que réservé à une certaine catégorie de populations. A ses yeux, l’ambition de la SEDIMA est de rendre ce produit accessible à tous les Sénégalais.
Pour ce faire l’entreprise a investi des milliards de FCFA dans les poussins de sorte qu’elle importe très peu d’œufs à couver. Ce qui permet à la SEDIMA de vendre les poussins moins cher.
‘’L’aviculture est un secteur à potentiel énorme d’autant plus qu’il peut être à la source de recrutement de beaucoup de Sénégalais’’, a laissé entendre le directeur commercial et marketing de la SEDIMA.
Pour lui, les Sénégalais devraient investir ce créneau parce qu’il y a encore de la place, non seulement pour le marché local, mais aussi pour l’exportation. D’un point de vue sanitaire, M. Ndiaye soutient que l’aviculture peut apporter une meilleure alimentation en termes de protéines parce que le poulet a une viande blanche, diététiquement plus saine.
La SEDIMA a été créée en 1988 sous forme de GIE. Elle emploie actuellement plus de 300 personnes et fait un chiffre d’affaires annuel de 15 milliards de FCFA.
(APA-Dakar)
mardi 29 mai 2012
FILIERE AVICOLE SENEGALAISE Menaces sur un secteur très rentable
mardi 8 novembre 2011
Le secteur avicole
sénégalais qui a un chiffre d’affaires de plus de 30 milliards CFA, fait
face à de réelles difficultés. Les professionnels du secteur se
plaignent d’une situation trop fluctuante liée à l’importation de
produits qui envahissent le marché. Le Brésil a déposé une plainte
devant l’Organisation Mondiale de la Santé (OMC) pour protectionnisme.
Amadou
Mbodj, le président de la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole
(FAFA) du Sénégal est formel, la viande de poulet peut être plus
accessible aux Sénégalais si les mesures d’accompagnement adéquates sont
prises pour assister leur secteur. Il s’agit essentiellement de mieux
accompagner les investisseurs et de rassurer davantage sur la question
de l’importation. A ce niveau, Amadou Mbodj explique que le Sénégal est
au banc des accusés à l’OMC. C’est le Brésil qui a saisi les autorités
de l’OMC pour dénoncer des pratiques de protectionnisme révèle le
président de la FAFA. Des concertations se mènent pour apprécier la
plainte du Brésil. Tous les professionnels sont préoccupés par la
question de l’importation car le gouvernement n’a pris qu’un décret de
suspension. Cela ressemble fortement à une épée de Damoclès et beaucoup
d’acteurs hésitent à mettre plus d’argent alors que la production peut
passer du simple au double affirme Mbodj.
Au Sénégal, malgré une longue tradition d’élevage de
poulets, Il n’existe pratiquement pas d’élevage industriel. L’aviculture
sénégalaise constitue pourtant un maillon dynamique de l’économie
nationale. Le secteur avicole sénégalais qui est aujourd’hui à une
production de 15 millions de poulets de chair par an, connaît une hausse
permanente. Elle a créé près de 10 mille emplois directs et indirects
tout en mobilisant un chiffre d’affaires de plus de 30 milliards F Cfa,
dont la moitié est destinée aux investissements structurants. Les
importations des viandes de volaille étaient de 2.412 tonnes en 2000,
3.840 tonnes en 2001, 7.930 tonnes en 2002, 11.950 tonnes en 2003 et
13.697 tonnes en 2004. Entre 2005 et 2010, l’évolution de la production
avicole locale est passée de 6 à 15 millions pour les poussins, 324 à
472 millions pour les œufs, 9 à 24 tonnes pour la viande et enfin 180 à
300 tonnes pour la capacité de production aliment. Ces statistiques, de
la Direction de l’élevage (2010), témoignent d’une nette progression
dans tout le secteur. De plus, environ 15 mille personnes s’affairent
aujourd’hui autour de cette filière très porteuse. Ils sont à la fois
dans la production et dans la distribution. La préparation des volailles
se fait habituellement dans des tueries artisanales améliorées ou non,
intégrées dans des fermes de production de poulets de chair.
Parallèlement, il existe des installations de prestation de service
appelées « déplumeuses », mais aussi des tueries dans les grands marchés
polyvalents. D’après le rapport d’audit sanitaire conjoint (DSV-PDMAS
2010), il existe 11 installations de transformation de volailles dans la
région des Niayes : 7 intégrées dans une ferme de production et 4
« déplumeuses ». Pour l’heure, il existe 2 ou 3 éleveurs qui commencent à
faire de la découpe et à améliorer la qualité commerciale de leurs
produits par un meilleur conditionnement. Ce volet est important car les
pays de l’Union Européenne sont très exigeants dans la qualité.
Les facteurs bloquants
La transformation des produits avicoles est quasi
absente du fait de l’inexistence des unités industrielles et de
formation. On note également quelques facteurs bloquants dans ce secteur
dont la gestion du foncier, la législation, le manque
d’infrastructures, entre autres. Le coût de la production préoccupe
parce que le poussin producteur coûte 4.000 FCFA. Les acteurs du secteur
regrettent également le manque d’infrastructures. En effet, il n’y a
pas d’abattoir-volaille, ni de chambre froide au Sénégal. D’après les
propos d’Amadou Mbodj, président de la Fédération des Acteurs de la
Filière Avicole (FAFA) « Un projet d’environ 17 milliards a été créé
pour améliorer le secteur mais il reste toujours en suspens et ceux qui
sont chargés de sa mise en œuvre évoquent des problèmes de gestion ».
Selon ce dernier, le coût pour disposer d’un abattoir tournerait autour
de 150 millions FCFA. Une fois construit, les acteurs de la filière
pourraient y gagner une part importante de marché. Et, au lieu de 15
millions de poulets (chiffre actuel), le Sénégal passerait alors à 30
millions de poulets par an.
En étalant sa feuille de route et en affichant ses
ambitions, le président de la FAFA n’oublie pas d’évoquer tous les
obstacles auxquels font face les acteurs du secteur avicole : « Je fais
partie des gens qui ont le plus souffert dans ce secteur. Je suis
présent dans la filière depuis plus de 20 ans. En un moment donné,
j’avais arrêté parce que j’avais du mal à écouler 500 poulets avec les
importations en masse. L’Etat n’avait rien fait du tout à cette époque.
Même des vendeurs de poissons au marché poisson de Pikine, s’adonnaient à
la vente de cuisses de poulets », se rappelle M. Mbodj. S’y ajoute que
la carence au niveau du système de congélation a engendré la rupture de
poulets au Sénégal. Non sans oublier le problème financier pour le
stockage et les coupures intempestives de courant qui créent des
désagréments au niveau de la conservation.
Dans la même veine, Idrissa Kama, le président de
l’Union Nationale des Acteurs de Filière Avicole du Sénégal et
vice-président de l’Union des Organisations de la Filière Avicole des
Etats de l’UEMOA rejoint l’idée d’Amadou Mbodj et parle des difficultés
du secteur. « Les investissements au niveau de la filière avicole ne
sont pas encore conséquents. S’agissant des poulets, nous ne sommes pas
encore compétitifs sur le marché. Nous attendons au niveau de l’Etat la
mise en place d’un abattoir. C’est à dire que le Sénégal doit avoir des
chaînes de distribution, des systèmes de congélation pour arriver à un
niveau performant. Nous avions mis en place un programme d’abattoir mais
il reste toujours insignifiant », regrette t-il.
Importation frauduleuse de poulets
En 2005, l’évolution inquiétante de la grippe aviaire
dans le monde avait conduit le Ministère de l’Elevage à introduire un
arrêté interministériel n° 007717 du 24 Novembre 2005. Cet arrêté
interdisait toute importation de produits de l’aviculture et de
matériels avicoles usagés afin de limiter les risques d’introduction de
la grippe aviaire via les circuits commerciaux. Le Ministère d l’Elevage
avait aussi mis en place un Comité National de prévention et de lutte
contre la Grippe Aviaire (CONAGA), un organe multisectoriel et
multidisciplinaire. Malgré tout ce dispositif, l’importation frauduleuse
de poulets continue à inonder le marché sénégalais. Selon Dr Baba Sall
du Ministère de l’Elevage, les agents des services départementaux de
l’élevage de la région de Dakar avaient saisi sur le marché dakarois des
produits frauduleux. En l’occurrence, 14 kg de cuisses de poulets à
Guédiawaye en Juin 2011, 17,5 kg de cuisses de poulets à Pikine Ben
Barack le 17 Août 2011 et 280 poulets entiers produits en Uruguay et au
Brésil pour un poids total de 560 kg le 19 Août 2011. Sans oublier, la
saisie de 120 kg de cuisses de poulets dissimulés dans des cartons de
viandes congelées, en Avril 2011. Ce container pris au niveau du port
provenait d’Italie. Malgré l’essor noté depuis 2005, le risque du virus
H1N1 est toujours là et la filière avicole toujours fragile. « La
maladie est toujours là. C’est la raison pour laquelle nous avons
maintenu cet arrêté jusqu’à présent », martèle le Docteur Baba Sall.
En outre, la filière reste essentiellement caractérisée
par son manque d’organisation. De plus en plus, on assiste à l’arrivée
massive de cuisses de poulets congelés importés qui sont moins chers que
le poulet local. Récemment, la Fédération des Acteurs de la Filière
Avicole avait fait une sortie à quelques jours de la Korité pour
dénoncer l’importation frauduleuse de poulets sur le marché sénégalais.
« D’après nos informations, une minorité de commerçants véreux auraient
importé frauduleusement des poulets pour le mettre sur le marché à
quelques jours de la fête de la Korité en profitant de la forte demande
et du sous-effectif des inspecteurs vétérinaires en charge du contrôle
de tous les marchés ». Tels sont les propos lancés par les acteurs de la
filière avicole qui avaient alors sonné l’alerte pour dénoncer ces
malfaiteurs qui risquent de faire introduire la grippe aviaire dans ce
pays si des mesures idoines ne sont pas prises. « J’ai vu de mes
propres yeux des poulets importés aux marchés Tilène, Castors et Gueule
Tapée. Le représentant du Ministère de l’Elevage a confirmé cette fraude
avec des preuves à l’appui. Le Ministère avait saisi 500 kg de poulets
importés au niveau de Pikine », avait affirmé le président de la FAFA à
la veille de la fête de Korité avant d’enchérir : « Il y a un problème
entre la filière avicole, le Ministère de l’Elevage et le Ministère du
Commerce. Un lobbying extrêmement important est noté au niveau de
l’importation. Et ce groupe de lobbyistes ne peut être que les
importateurs parce que ce sont eux qui y trouvent leur bénéfice ».
Amadou Mbodj signale notamment que la FAFA est
marginalisée parce qu’elle est peut être membre du CNCR. Ce dernier
estimant que la plupart des fédérations membres du CNCR sont écartées au
moment des ateliers et autres voyages d’étude. Selon lui, le Ministère
de l’Elevage favorise l’UNAFA au détriment de la FAFA. « Nous avons
travaillé au niveau du Plan National de Développement de l’Elevage.
Ensuite, nous avons contribué à la sensibilisation et au moment de
mettre ce projet, on nous a laissés en rade, ce qui n’est pas du tout
normal », peste Amadou Mbodj. Et Assane Diagne, Secrétaire permanent de
la FAFA d’ajouter « On ne sent pas vraiment une mobilisation autour de
l’importation frauduleuse de poulets et on n’est pas du tout protégé ».
« Le Sénégal est passé de 7 millions en 2005 à 17 millions 500 mille en 2010 »
Pour les productions de poussins par couvoirs, SEDIMA
est en tête avec 26% de la production de volaille. Elle est suivie de
SOSEPRA 22%, SEEMAAP 15%, PRODAS 13%, JAILAXMI 12%, les sociétés comme
AVI PROD et SAPRAM 4% chacun, Complexe Avicole de Mbao 3% et SENAV 1%.
En 2010, le Sénégal a produit 188.915 tonnes d’aliment volailles avec un
chiffre d’affaires de 49 milliards. La production locale de viande de
volaille industrielle a été de 24.409 tonnes avec un chiffre d’affaires
de 36 milliards 704 millions. Et la production nationale d’œufs de
consommation a été de 472 millions d’unité, soit un chiffre d’affaires
de 28 milliards 320 millions. Les poussins sont exportés au niveau du
Mali, de la Guinée, de la Mauritanie et du Burkina Faso. Le nombre de
poussins exportés par les couvoirs est estimé 112 mille 150 en 2010.
Amina DIENE
(stagiaire)
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