vendredi 26 avril 2013

Investissement de plus de 74 milliards Fcfa : Fatick a sa ferme avicole
La coopération décentralisée vient de faire ses preuves dans la ville de Fatick, où sera érigée une grande ferme avicole, grâce à la coopération avec une entreprise russe et la commune de ladite ville.L'entreprise russe "Akashevo", en partenariat avec la commune de Fatick, renseigne un communiqué du président de la Commission Communication du Conseil municipal de Fatick,Abdou Latif Ndiaye, procédera à l'installation de la première unité industrielle sous forme de complexe avicole dénommé "A Tiek Sinig" (le poulet du Sine, en Sérère) à Fatick, le mercredi 03 avril 2013 à partir de 10 h, dans la nouvelle zone industrielle.
L’installation de cette unité industrielle, précise le texte, se fera en trois étapes. D’abord la mise en place d’un atelier de transformation pour un investissement, précise le communiqué, s’élève à 1,466 milliards Fcfa. Une telle unité créera une cinquantaine d'emplois, assure le conseiller municipal. Ensuite, la seconde phase, indique le texte, c’est l’installation d’un atelier de production d'une capacité de production de 18.000 tonnes par an, nécessitant un investissement de 42,709 milliards de Fcfa pour 215 emplois. Enfin, un deuxième atelier de production pour un investissement de 30,284 milliards de Fcfa pouvant générer 200 emplois.
L’investissement global de cette unité avicole, selon le texte, s’élève à 74.460.656.400 Fcfa et va créer 465 emplois. Une manière pour cette commune naguère dirigée par l’actuel président de la République, Macky Sall, dans son projet de 500.000 emplois pour son premier quinquennat. Par ailleurs, ajoute le communiqué, «l'unité industrielle va apporter de la valeur ajoutée à la volaille en sous produits dérivés tels que le jambon, les chips à base de poulet».
La cérémonie d’'installation de la première unité industrielle, précise-t-on, sera présidée par le maire de Fatick, Matar Bâ, le ministre de l’Aménagement du Territoire et des Collectivités locales,Mme Arame Ndoye, le directeur de Cabinet du ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel, Alioune Sarr, ainsi que de plusieurs autres personnalités administratives et politiques.
Communiqué de presse
La Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA) félicite vivement les Douanes Sénégalaises suite à l’arrestation à Rufisque de gens véreux qui ont introduit frauduleusement des poulets dans le territoire sénégalais. Ce produit dangereux pour la santé de nos concitoyens continue à inonder le marché malgré les alertes que nous n’arrêtons pas d’envoyer aux autorités du pays.
C’est pourquoi, nous sonnons l’alerte pour que cessent ces pratiques qui exposent les consommateurs à de graves dangers sanitaires et compromettent notre économie locale.
Cette présence de poulets importés sur le marché sénégalais est à prendre avec la plus haute importance car elle pourrait plomber les efforts réalisés par les acteurs de la filière pour tripler la production locale entre 2005 et 2011.
En conséquence, la FAFA pense que le problème de l’introduction frauduleuse de poulets au Sénégal doit être traité avec beaucoup de rigueur, de célérité et de diligence.
La grippe aviaire n’est toujours pas éradiquée. Elle est à nouveau apparue en Chine depuis quelques semaines, ce qui atteste de la justesse du maintien de la mesure suspensive de l’importation de poulets qui est en cours.
Ainsi, nous demandons à l’Etat, particulièrement au Ministère de l’Elevage de prendre les mesures nécessaires pour :
- assurer la Vigilance au niveau des frontières et du port de Dakar ;
- organiser des contrôles des inspecteurs vétérinaires sur les marchés ;
- informer les consommateurs sur les risques sanitaires encourus et leur permettre de reconnaitre les poulets importés afin de ne pas les acheter ;
- saisir immédiatement tout poulet importé vendu sur le marché.
La FAFA est disposée à travailler avec les services de l’Etat et à mobiliser tous les acteurs de la filière avicole pour lutter efficacement contre l’introduction frauduleuse de poulets dans le marché sénégalais.

Amadou Mactar Mbodj
Président de la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA)

jeudi 14 juin 2012

Filière avicole : La levée de l’interdiction d’importer du poulet n’est pas à l’ordre du jour

Depuis l’arrêt des importations de poulets en 2005, la filière avicole sénégalaise se porte bien : son chiffre d’affaire a atteint 110 milliards de francs Cfa en 2011 pour une production de près de 19 millions de poulets. Pour maintenir cette vitalité, les acteurs de la filière ont, à l’occasion du « week-end du poulet », plaidé pour le maintien de l’arrêt des importations et la création d’une « zone franche avicole » afin de lutter contre la pression foncière.
Une levée de l’interdiction d’importation de poulets, en vigueur depuis la pandémie de la grippe aviaire en 2005, n’est pas à l’ordre du jour, malgré les multiples pressions internationales.
Le Brésil avait ainsi porté plainte contre le Sénégal devant l’Organisation mondiale du commerce (Omc) pour protectionnisme. « Une telle levée signifierait la mort de la filière avicole sénégalaise sans compter les conséquences au plan sanitaire », s’alarme Aboubacry Aw, président de l’Association des petits aviculteurs de Malika (Apam), membre de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa). « Nous allons résister à ces pressions et nous ne reviendrons pas sur cette mesure [d’interdiction des importations] », rassure Cheikh Tidiane Diop, directeur de cabinet du ministre de l’Elevage. Ces dernières années, le secteur avicole a fait preuve d’un réel dynamisme. En 2011, la production avoisinait les 19 millions de poulets contre 5 millions avant l’arrêt des exportations, pour un chiffre d’affaire  de 110 milliards de francs Cfa, note Amadou Makhtar Mbodji, président de la Fafa. La filière emploie également 15.000 personnes.
Cependant, malgré ce dynamisme, la filière est confrontée à un certains nombre de problèmes, notamment la pression foncière dans la zone des Niayes qui a une véritable vocation avicole. A Sangalkam, Keur Massar, etc., plusieurs exploitations avicoles ont ainsi cédé la place à des projets immobiliers. C’est pourquoi, le président de la Fafa préconise la création d’une « zone franche avicole » pour éviter les conflits entre aviculteurs et promoteurs immobiliers.
L’autre contrainte concerne l’absence d’abattages modernes à Dakar et de chambres froides pour la conservation des poulets en période de surproduction (korité, fêtes de fin d’année, etc.). Les aviculteurs réclament aussi une subvention de l’Etat pour l’achat des aliments de la volaille qui « coûte cher », d’après Aboubacry Aw. Le représentant du ministre promet un appui de l’Etat en termes de modernisation, d’encadrement, de formation et de financement à travers le Fonds de stabulation (Fonstab), un mécanisme mis en place par le ministère de l’Elevage pour permettre aux éleveurs de bénéficier de crédits à des taux avantageux (entre 3 et 5 % d’intérêts).
C’est pour marquer son dixième anniversaire et poser les jalons du renforcement de la filière avicole que la Fafa a organisé ce premier « week-end du poulet » (8, 9 et 10 juin). En plus des stands d’expositions, un panel et un concours d’arts culinaires (de volaille) sont au menu.
Le thème retenu est : « pour une aviculture contribuant à la sécurité alimentaire, la promotion de l’emploi et l’équilibre de la balance commerciale du Sénégal ».avicolsenegal@hotmail.fr

lundi 4 juin 2012

Aviculture : Le vaccin I-2, efficace contre la maladie de Newcastle

Parmi ses réalisations, l’unité de production de vaccins de l’Isra fabrique depuis 2002 le vaccin I-2 thermostable (sous la forme lyophilisée), très connu pour son efficacité dans la lutte contre la maladie de Newcastle qui était jusqu’à cette période, la principale cause de mortalité de la volaille locale. Ce vaccin est recommandé et distribué par la Fao dans les pays tropicaux et ceux en voie de développement pour augmenter la sécurité alimentaire des communautés rurales. Malgré l’absence d’un dispositif technique de haut niveau, l’Isra avait pu bénéficier d’un financement qui lui avait permis de mettre en place un poulailler de haute sécurité pour asseoir une production régulière d’œufs de qualité et de produire la forme liquide du vaccin I-2 qui ne requiert nullement l’usage d’appareil sophistiqué.  Outre la réduction du coût de production, indique l’Isra,  la forme liquide du vaccin  (collyre) déjà prête à l’emploi, la rend plus accessible. Car, selon l’Isra, des vaccins efficaces existent sur le marché mais ne sont pas toujours adaptés aux conditions d’utilisation en milieu rural en termes de coût, de stabilité, de conditionnements réduits et de facilité d’utilisation. Cet élargissement de la gamme des vaccins a permis au Sénégal de mieux prendre en charge la couverture sanitaire de sa volaille locale et de promouvoir l’aviculture villageoise qui concerne les 2/3 de la population totale de volailles du pays (près de 21millions de sujets).
Le secteur avicole contribue pour près de 16 % au Pib de l’élevage et près de 30 % au revenu total de la production animale.      
  A. MBODJ

Le prix du poulet est encore élevé au Sénégal comparé aux autres pays africains

Le prix du poulet est encore élevé au Sénégal comparé aux autres pays africains a déclaré, vendredi à Dakar, Sidy Ndiaye directeur commercial et marketing de la Société SEDIMA, spécialisé dans la production de poussins, aliments et matériel avicole au Sénégal, dans un entretien exclusif avec APA.

''Nous devons arriver à réduire le prix de l’aliment des poulets pour pouvoir participer à la réduction du prix de ce produit de façon assez sensible pour que le consommateur puisse l’acheter à un prix très raisonnable’’, a indiqué M. Ndiaye, interpellé en marge du Salon international des industries et techniques agroalimentaires (SIAGRO).

Actuellement, le prix du poulet de chair se négocie à Dakar autour de 3.000 FCFA.

Selon M. Ndiaye, la consommation par habitant du poulet est encore très faible parce que réservé à une certaine catégorie de populations. A ses yeux, l’ambition de la SEDIMA est de rendre ce produit accessible à tous les Sénégalais.

Pour ce faire l’entreprise a investi des milliards de FCFA dans les poussins de sorte qu’elle importe très peu d’œufs à couver. Ce qui permet à la SEDIMA de vendre les poussins moins cher.

‘’L’aviculture est un secteur à potentiel énorme d’autant plus qu’il peut être à la source de recrutement de beaucoup de Sénégalais’’, a laissé entendre le directeur commercial et marketing de la SEDIMA.

Pour lui, les Sénégalais devraient investir ce créneau parce qu’il y a encore de la place, non seulement pour le marché local, mais aussi pour l’exportation. D’un point de vue sanitaire, M. Ndiaye soutient que l’aviculture peut apporter une meilleure alimentation en termes de protéines parce que le poulet a une viande blanche, diététiquement plus saine.

La SEDIMA a été créée en 1988 sous forme de GIE. Elle emploie actuellement plus de 300 personnes et fait un chiffre d’affaires annuel de 15 milliards de FCFA.

(APA-Dakar)

mardi 29 mai 2012

FILIERE AVICOLE SENEGALAISE Menaces sur un secteur très rentable

mardi 8 novembre 2011
Le secteur avicole sénégalais qui a un chiffre d’affaires de plus de 30 milliards CFA, fait face à de réelles difficultés. Les professionnels du secteur se plaignent d’une situation trop fluctuante liée à l’importation de produits qui envahissent le marché. Le Brésil a déposé une plainte devant l’Organisation Mondiale de la Santé (OMC) pour protectionnisme.
Amadou Mbodj, le président de la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA) du Sénégal est formel, la viande de poulet peut être plus accessible aux Sénégalais si les mesures d’accompagnement adéquates sont prises pour assister leur secteur. Il s’agit essentiellement de mieux accompagner les investisseurs et de rassurer davantage sur la question de l’importation. A ce niveau, Amadou Mbodj explique que le Sénégal est au banc des accusés à l’OMC. C’est le Brésil qui a saisi les autorités de l’OMC pour dénoncer des pratiques de protectionnisme révèle le président de la FAFA. Des concertations se mènent pour apprécier la plainte du Brésil. Tous les professionnels sont préoccupés par la question de l’importation car le gouvernement n’a pris qu’un décret de suspension. Cela ressemble fortement à une épée de Damoclès et beaucoup d’acteurs hésitent à mettre plus d’argent alors que la production peut passer du simple au double affirme Mbodj.
Au Sénégal, malgré une longue tradition d’élevage de poulets, Il n’existe pratiquement pas d’élevage industriel. L’aviculture sénégalaise constitue pourtant un maillon dynamique de l’économie nationale. Le secteur avicole sénégalais qui est aujourd’hui à une production de 15 millions de poulets de chair par an, connaît une hausse permanente. Elle a créé près de 10 mille emplois directs et indirects tout en mobilisant un chiffre d’affaires de plus de 30 milliards F Cfa, dont la moitié est destinée aux investissements structurants. Les importations des viandes de volaille étaient de 2.412 tonnes en 2000, 3.840 tonnes en 2001, 7.930 tonnes en 2002, 11.950 tonnes en 2003 et 13.697 tonnes en 2004. Entre 2005 et 2010, l’évolution de la production avicole locale est passée de 6 à 15 millions pour les poussins, 324 à 472 millions pour les œufs, 9 à 24 tonnes pour la viande et enfin 180 à 300 tonnes pour la capacité de production aliment. Ces statistiques, de la Direction de l’élevage (2010), témoignent d’une nette progression dans tout le secteur. De plus, environ 15 mille personnes s’affairent aujourd’hui autour de cette filière très porteuse. Ils sont à la fois dans la production et dans la distribution. La préparation des volailles se fait habituellement dans des tueries artisanales améliorées ou non, intégrées dans des fermes de production de poulets de chair. Parallèlement, il existe des installations de prestation de service appelées « déplumeuses », mais aussi des tueries dans les grands marchés polyvalents. D’après le rapport d’audit sanitaire conjoint (DSV-PDMAS 2010), il existe 11 installations de transformation de volailles dans la région des Niayes : 7 intégrées dans une ferme de production et 4 « déplumeuses ». Pour l’heure, il existe 2 ou 3 éleveurs qui commencent à faire de la découpe et à améliorer la qualité commerciale de leurs produits par un meilleur conditionnement. Ce volet est important car les pays de l’Union Européenne sont très exigeants dans la qualité.
Les facteurs bloquants
La transformation des produits avicoles est quasi absente du fait de l’inexistence des unités industrielles et de formation. On note également quelques facteurs bloquants dans ce secteur dont la gestion du foncier, la législation, le manque d’infrastructures, entre autres. Le coût de la production préoccupe parce que le poussin producteur coûte 4.000 FCFA. Les acteurs du secteur regrettent également le manque d’infrastructures. En effet, il n’y a pas d’abattoir-volaille, ni de chambre froide au Sénégal. D’après les propos d’Amadou Mbodj, président de la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA) « Un projet d’environ 17 milliards a été créé pour améliorer le secteur mais il reste toujours en suspens et ceux qui sont chargés de sa mise en œuvre évoquent des problèmes de gestion ». Selon ce dernier, le coût pour disposer d’un abattoir tournerait autour de 150 millions FCFA. Une fois construit, les acteurs de la filière pourraient y gagner une part importante de marché. Et, au lieu de 15 millions de poulets (chiffre actuel), le Sénégal passerait alors à 30 millions de poulets par an.
En étalant sa feuille de route et en affichant ses ambitions, le président de la FAFA n’oublie pas d’évoquer tous les obstacles auxquels font face les acteurs du secteur avicole : « Je fais partie des gens qui ont le plus souffert dans ce secteur. Je suis présent dans la filière depuis plus de 20 ans. En un moment donné, j’avais arrêté parce que j’avais du mal à écouler 500 poulets avec les importations en masse. L’Etat n’avait rien fait du tout à cette époque. Même des vendeurs de poissons au marché poisson de Pikine, s’adonnaient à la vente de cuisses de poulets », se rappelle M. Mbodj. S’y ajoute que la carence au niveau du système de congélation a engendré la rupture de poulets au Sénégal. Non sans oublier le problème financier pour le stockage et les coupures intempestives de courant qui créent des désagréments au niveau de la conservation.
Dans la même veine, Idrissa Kama, le président de l’Union Nationale des Acteurs de Filière Avicole du Sénégal et vice-président de l’Union des Organisations de la Filière Avicole des Etats de l’UEMOA rejoint l’idée d’Amadou Mbodj et parle des difficultés du secteur. « Les investissements au niveau de la filière avicole ne sont pas encore conséquents. S’agissant des poulets, nous ne sommes pas encore compétitifs sur le marché. Nous attendons au niveau de l’Etat la mise en place d’un abattoir. C’est à dire que le Sénégal doit avoir des chaînes de distribution, des systèmes de congélation pour arriver à un niveau performant. Nous avions mis en place un programme d’abattoir mais il reste toujours insignifiant », regrette t-il.
Importation frauduleuse de poulets
En 2005, l’évolution inquiétante de la grippe aviaire dans le monde avait conduit le Ministère de l’Elevage à introduire un arrêté interministériel n° 007717 du 24 Novembre 2005. Cet arrêté interdisait toute importation de produits de l’aviculture et de matériels avicoles usagés afin de limiter les risques d’introduction de la grippe aviaire via les circuits commerciaux. Le Ministère d l’Elevage avait aussi mis en place un Comité National de prévention et de lutte contre la Grippe Aviaire (CONAGA), un organe multisectoriel et multidisciplinaire. Malgré tout ce dispositif, l’importation frauduleuse de poulets continue à inonder le marché sénégalais. Selon Dr Baba Sall du Ministère de l’Elevage, les agents des services départementaux de l’élevage de la région de Dakar avaient saisi sur le marché dakarois des produits frauduleux. En l’occurrence, 14 kg de cuisses de poulets à Guédiawaye en Juin 2011, 17,5 kg de cuisses de poulets à Pikine Ben Barack le 17 Août 2011 et 280 poulets entiers produits en Uruguay et au Brésil pour un poids total de 560 kg le 19 Août 2011. Sans oublier, la saisie de 120 kg de cuisses de poulets dissimulés dans des cartons de viandes congelées, en Avril 2011. Ce container pris au niveau du port provenait d’Italie. Malgré l’essor noté depuis 2005, le risque du virus H1N1 est toujours là et la filière avicole toujours fragile. « La maladie est toujours là. C’est la raison pour laquelle nous avons maintenu cet arrêté jusqu’à présent », martèle le Docteur Baba Sall.
En outre, la filière reste essentiellement caractérisée par son manque d’organisation. De plus en plus, on assiste à l’arrivée massive de cuisses de poulets congelés importés qui sont moins chers que le poulet local. Récemment, la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole avait fait une sortie à quelques jours de la Korité pour dénoncer l’importation frauduleuse de poulets sur le marché sénégalais. « D’après nos informations, une minorité de commerçants véreux auraient importé frauduleusement des poulets pour le mettre sur le marché à quelques jours de la fête de la Korité en profitant de la forte demande et du sous-effectif des inspecteurs vétérinaires en charge du contrôle de tous les marchés ». Tels sont les propos lancés par les acteurs de la filière avicole qui avaient alors sonné l’alerte pour dénoncer ces malfaiteurs qui risquent de faire introduire la grippe aviaire dans ce pays si des mesures idoines ne sont pas prises. « J’ai vu de mes propres yeux des poulets importés aux marchés Tilène, Castors et Gueule Tapée. Le représentant du Ministère de l’Elevage a confirmé cette fraude avec des preuves à l’appui. Le Ministère avait saisi 500 kg de poulets importés au niveau de Pikine », avait affirmé le président de la FAFA à la veille de la fête de Korité avant d’enchérir : « Il y a un problème entre la filière avicole, le Ministère de l’Elevage et le Ministère du Commerce. Un lobbying extrêmement important est noté au niveau de l’importation. Et ce groupe de lobbyistes ne peut être que les importateurs parce que ce sont eux qui y trouvent leur bénéfice ».
Amadou Mbodj signale notamment que la FAFA est marginalisée parce qu’elle est peut être membre du CNCR. Ce dernier estimant que la plupart des fédérations membres du CNCR sont écartées au moment des ateliers et autres voyages d’étude. Selon lui, le Ministère de l’Elevage favorise l’UNAFA au détriment de la FAFA. « Nous avons travaillé au niveau du Plan National de Développement de l’Elevage. Ensuite, nous avons contribué à la sensibilisation et au moment de mettre ce projet, on nous a laissés en rade, ce qui n’est pas du tout normal », peste Amadou Mbodj. Et Assane Diagne, Secrétaire permanent de la FAFA d’ajouter « On ne sent pas vraiment une mobilisation autour de l’importation frauduleuse de poulets et on n’est pas du tout protégé ».
« Le Sénégal est passé de 7 millions en 2005 à 17 millions 500 mille en 2010 »
Pour les productions de poussins par couvoirs, SEDIMA est en tête avec 26% de la production de volaille. Elle est suivie de SOSEPRA 22%, SEEMAAP 15%, PRODAS 13%, JAILAXMI 12%, les sociétés comme AVI PROD et SAPRAM 4% chacun, Complexe Avicole de Mbao 3% et SENAV 1%. En 2010, le Sénégal a produit 188.915 tonnes d’aliment volailles avec un chiffre d’affaires de 49 milliards. La production locale de viande de volaille industrielle a été de 24.409 tonnes avec un chiffre d’affaires de 36 milliards 704 millions. Et la production nationale d’œufs de consommation a été de 472 millions d’unité, soit un chiffre d’affaires de 28 milliards 320 millions. Les poussins sont exportés au niveau du Mali, de la Guinée, de la Mauritanie et du Burkina Faso. Le nombre de poussins exportés par les couvoirs est estimé 112 mille 150 en 2010.
Amina DIENE (stagiaire)